CE QUE VIVENT LES ROMS


Dans l’instantané d’un cliché, j’ai figé des regards, des rires et des humanités, étrangement insouciantes, en apparence.
Au milieu des immondices et des baraques de mauvaises fortunes, j’ai scruté à travers un appareil photo la vie des Roms.

Venus d’ailleurs pour moins de discriminations, pour moins de pauvreté.
Ils ont parfois pu trouver ici plus de compassion, parfois une école, pour certains un toit et un emploi. Pour les autres, rien n’a changé avec moins d’espoir peut-être. Ils occupent terrains et entrepôts, immeubles à l’abandon.

Je les ai connus un matin en hiver 2006, une main rieuse et enfantine prenant la mienne pour me mener au cœur du bidonville. J’y ai vu ce peuple Rom venant de Roumanie et espérant en la France un sort meilleur que leur pays se refuse à leur accorder.
Mais au pays des Lumières, ce peuple demeure toujours dans la pénombre des bidonvilles.
Victimes chez eux de réflexes identitaires, ils drainent jusque chez nous ce destin qui les condamne à la misère. C’est l’histoire sans âge d’un peuple maudit que les temps modernes ont laissé dans l’ornière.

Au-delà des considérations de politiques étrangères, des contingences administratives, au-delà de la délinquance, de la mendicité et autres prétextes convenus, il s’agit bel et bien d’être humains et de leurs droits bafoués. Depuis janvier 2007, il s’agit aussi de ressortissants de l’Union Européenne.

Associations, ONG et bénévoles ont pris la mesure de cette tragédie ordinaire et résistent en interpellant les autorités publiques et en palliant au plus pressé notamment en matière sanitaire et scolaire.

Par ce témoignage photographique je veux émettre un espoir et permettre  un autre regard.
A vous de voir maintenant…

Louis Saadi-Freixas                       

 


        « Le temps de rêver est bien court
         Que faut-il faire de mes jours
         Que faut-il faire de mes nuits
      Je n’avais amour ni demeure
         Nulle part où je vive ou meure
     Je passais comme la rumeur
          Je m’endormais comme le bruit »

            Est-ce ainsi que les hommes vivent

(Louis Aragon)